18/04/2008

sacrés nuragués

restes préhistoriques Lu Brandali

Il était une fois, il y a 5000 ans, une population préhistorique qui peuplait la Sardaigne. Vivant de chasse et devant se protéger des prédateurs, ils construirent des "nuraghe", construction en forme de tour, faite de pierres ramassées dans la nature environnante. Il semblerait que la Sardaigne aie subi un éruption volcanique laissant de nombreuses pierres éparpillées dans la nature.

nuraghe santa cristina

 

La forme est donc celle que vous voyez ci-dessus. De nombreuses constructions ont été détruites par le temps mais certaines sont restées presque entières et sont intéressantes à visiter. Il a fallu l'arrivée du tourisme en Sardaigne pour daigner s'intéresser à ces pierres montées en chateau de sable !

nuraghe nuraxi e pauli

Souvent placé sur un promontoire ou dans une zone privée de végétation, le nuraghe permettait de voir arriver l'ennemi, de traquer les betes sauvages et ainsi pouvoir se nourrir. Mais on en trouve aussi dans des zones basses et en particulier dans le cadre d'un vrai village nuragique, comprenant des ébauches de maisons, des étables et des réserves pour la nourriture.

Nuraghe Serra_Orrios

Dans le voisinage d'un village nuragique, on trouve généralement des tombes appelées tombe de géants, soit parce que ces hommes préhistoriques étaient de vrais géants, mais cela semble peu probable quand on  voit la taille de l'entrée d'un nuraghe, et donc sans doute, la taille importante de ces tombes est due au fait qu'ils enterraient les membres de leur village tous ensemble sur des points précis du réseau terrestre. On trouve encore aujourd'hui une énergie particulière à l'entrée de la tombe des Géants et on peut tracer un axe sur base duquel a été construite la tombe. Par contre, j'ai trouvé un point à un endroit considéré comme un endroit de culte, ayant l'énergie opposée à celle de la tombe.


nuraghe Goni

L'entrée porte vers une zone haute de controle, et une zone basse de refuge. Les pièces pour dormir semblent des lits taillés dans la pierre, plutot en forme de niche !

Nuraghe_Meurra_73


n peut voir ci-dessus la partie inférieure qui semblait servir de silo.

Nuraghe Su_Mulinu

Je pense que sur cette dernière image, les colonnes sculptées découvertes dans le nuraghe, permettent d'hypothiser que ces structures ont été récupérées par d'autres populations et ont servi alors à d'autres fonctions que celles de gardienne, de mirador, ou de chateau fort... on y a retrouvé un autel... qui sait, on parle des premiers chrétiens régugiés sur notre ile, de Marie Madeleine, porteuse du sang royal de Jésus, en fuite vers l'Europe et arrivée en Angleterre


 

11/04/2008

fetes de campagne et chapelles éparses dans les campagnes

Chiesetta di San Trano Luog

 

Au gré des montagnes, des collines ou des plaines, on trouve des chapelles dédiées à un Saint particulier, Giovanni, Michele, Trano, Giuliano, Giorgio, Gavino (typiquement sarde... devenu Kevin .. pour les intimes ;-)) et aux Saintes : Maria, la Madonna di Buoncammino.

Ces chapelles ne sont pas toutes petites, elles permettent d'accueillir des personnes en son sein ! Par mauvais temps ou danger, les chapelles ont toujours servi de refuge à la population. On y célèbre la messe le jour de la fete patronale (du saint patron).

Chiesa di Balaiana Luogosanto

C'est également l'occasion de faire la fete, fete de la moisson, fete du Saint ou de la Sainte... du fin fond des campagnes affluent les populations rurales et, actuellement touristiques (les allemands les connaissent toutes) ! De grandes tablées sont dressées simplement, nappe en papier, assiettes, couverts et verres en plastique (au drame) , le pain est distribué en premier, ensuite le vin, précédemment de production locale et actuellement bon marché! Vient ensuite la distribution de la trippe ou du bouillon, ou des gnocchis sardes à la sauce rustique (petits morceaux de viande dans une sauce tomate). Certaines fetes offrent, le lendemain de la fete, la zuppa cuata, pain trempé dans le bouillon de brebis et recouvert de fromage, le tout passé au four à bois.

Certaines fetes offrent les fruits, le café, i dolci (biscuits typiques appelés pappassini), le mirto !

église de buoncammino

Il ne faut pas croire que le repas se limite à ce que j'ai décrit plus haut...non que non ! Chacun apporte sa production : olives en saumure, saucissons, fromage de brebis (pecorino), omelette aux asperges sauvages, coeurs d'artichauts sous huile, tartes salées, tomates sèchées... quand arrive la trippe, certains n'ont déjà plus faim !

Les desserts ne manquent pas non plus, chacun y va du sien : amaretti, tiramisu, tarte aux pommes, pappassini !

l'ane, un moyen de locomotion

C'est également l'occasion des étals de nougat (une spécialité vraiment sarde), des jeux pour enfants, d'essuies de cuisine, de draps ou de nappes brodées... sans oublier la sempiternelle présence des chinois ! meme là... j'ai vu des boutiques de chinois dans les coins les plus reculés du centre de la sardaigne, incroyable !

La soirée ou l'après midi, suivant que la fete est organisée à midi ou le soir, se termine par un bal populaire (liscio) pimenté de tangos et de valses à mille temps... et malheureusement pas de ballet sarde.

Chacun rentre chez lui, dans sa campagne ou en ville... emportant parfois dans un tupperware ou une casserole, une portion de trippe à rapporter au vieux ou à la vieille qui est resté à la maison, à celui qui travaillait ce soir là, à ceux qui en sont friands et qui peuvent s'empiffrer de trois ou quatre assiettes de trippe..

Mais ce sont des moments délicieux de fete populaire qui rassemblent les grands et les petits, les riches et les pauvres, ceux de droite et ceux de gauche, sans distinction, sans conflit... pour la joie de se retrouver, de bien manger et de danser

10:46 Écrit par Loren dans Général | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : fete populaire, chapelle, fete rurale |  Facebook |

07/04/2008

nature en fete

chardon

La nature sort ses plus belles armes, les fleurs. On ne peut que craquer devant tant de beauté, devant la magie magistrale de la sortie du froid, de l'hiver... avec tant de douceur et tant de couleur ! Meme le chardon est beau, mais attention, qui si frotte, si pique

cyste maritime

La cyste, fleur du maquis par excellence. En Sardaigne,  au bord de mer, la fleur est petite. En Espagne, à 200 km des cotes, les fleurs étaient grandes et parfumées. Le bois du cyste est le combustible idéal pour le four à pain. La résine de cet arbrisseau salit les mains, les ongles et les vetements, mais son parfum est inégalable et vaut bien la peine que l'on se donne à le ramasser, le briser, le sectionner et l'enfourner !

 

lla végétation, le maquis

Oh maquis d'ici, maquis de là, tu es vert et tes fleurs montrent leur coeur au printemps. Tu exhales tes parfums à leur comble en été.... l'hélicryse, le cyste, le romarin, plus particulièrement à l'aube.. au petit matin, quand le soleil te fait cadeau de sa lumière tendre, avant qu'il ne nous assomme de sa chaleur pesante.

peperocino, che bello che sei

Quand la lumière est à son apogée, le piment sort ses fruits... cadeau de couleurs pour les yeux, de parfum pour le nez et de saveur pour le palais !

Laissons les sècher et ils agrémenteront nos plats pour quelques saisons !


 

10:16 Écrit par Loren dans Général | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : cyste, fleurs, chardon, piment, maquis |  Facebook |

20/03/2008

récolte de cloches

san vittorio qualche anni fa

L'église San Vittorio à Santa Teresa, il y a une vingtaine d'années

Première cloche

église de fonni

Numéro 2 et 3,

dans le clocher de l'église San Giovanni à Fonni, Centre de la Sardaigne

les cloches à Gavoi

Numéro 4 et 5

Les plus belles, dans le plus beau village que j'aie rencontré, Gavoi !

JOYEUSES PAQUES


 

18/03/2008

Santa Teresa di Gallura, le port

entrée port Lungoni

Entrant dans le port de Lungoni, Marina di Santa Teresa, Santa Teresa di Gallura, vous trouverez à tribord, le village surplombé par l'église de Santa Lucia et gardé par la Tour Aragonaise et quelques croix témoins des vies perdues en mer !

A babord, les grosses villas de Terra Vecchia valent le coup d'oeil. Certaines ont été rénovées et tronent au beau milieu du maquis, avec des terrasses de reve et des superficies qu'on ne voit plus nulle part ici dans le Nord de la Sardaigne, rendement oblige. Revons donc encore un peu à la maison idéale, située sur un flanc de la baie du port, vue sur le village et sur la Corse, la mer au bas de la petite falaise de granit... enivrons nous des parfums incomparables de l'hélicryse et de la cyste, du romarin et de la mirte et qui sait dans une autre vie... serons nous attablés à une de ces terrasses regardant passer le "traghetto" qui sonne la corne de brume à sa sortie du port.

port en hiver, le bac pour la Corse

Pendant longtemps le port de Santa Teresa fut utilisé comme base pour les bateaux de peche, étant donné que le Roi avait déplacé toutes les routes commerciales sur La Maddalena. Après 1925, par contre, on ouvrit de nouvelles liaisons avec le continent et avec la Corse, apportant un premier démarrage à l'économie locale. La peche est toujours une activité bien présente et grace à l'augmentation du prix de la vie, elle est devenue une activité rentable en comparaison aux maigres gains de subsistance qu'avaient les pecheurs du début du 20e siècle.

La rade de Longosardo a été réaménagée de manière intelligente et présente donc une des infrastructures d'occupation les plus belles, éclairées par les couleurs des bateaux de peche.

vue sur les bateaux peche à Lungoni
 

Depuis quelques années, le fond de la rade a été percé et a donné naissance à une zone très belle d'appartements, de boutiques, de restaurants... et meme une petite place patio, entourée de boutiques et abritant un magnifique olivier qui apporte une note de vert dans une zone plutot "marine". Le port est également devenu le lieu de promenade des autotochnes grace à une jetée longue et protégée qui permet aux enfants de rouler en trottinette ou en patins à roulettes, aux parents de marcher en papotant sans devoir etre attentifs à la circulation des voitures.

porto lungoni

Pour ce faire, le port a été divisé en trois zones bien différentes : le bac, avec la station maritime reliée au village par un tunnel, la zone peche avec son petit "café du port" bien sympathique et les bateaux qui partent le matin, en été, en excursion pour visiter le parc naturel de La Maddalena, formé de petites iles toutes plus belles les unes que les autres... et enfin la zone commerce avec les yachts, petits et grands, les restos, pour marins et pour les autres, les boutiques, le club nautique, une boutique déco, un centre thalasso avec piscine et soins, et un mini-super-marché.

sortir du port de Lungoni

Et à la sortie, une mer paradisiaque.

Bon vent

09:07 Écrit par Loren dans Général | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : port, rade, jetee, bac, peche, yachts |  Facebook |

14/03/2008

le costume de monsieur sarde

murales palio

 

Fier de sa terre, l'homme sarde, meme s'il peut ne pas dépasser le mètre 60, porte avec dignité son costume traditionnel.

Dans certaines régions, par contre, on peut rencontrer un pourcentage élevé de grands blonds aux yeux bleus. En Corse, on m'a dit que le corse originel est roux, frisé aux yeux verts.... J'entendais une émission sur les habitants du Pérou avant les Incas, il paraitrait qu'ils étaient grands, roux, aux yeux verts.. ce sont ceux qui ont dessiné dans la plaine de Nazca .. alors la terre était peuplée de roux aux yeux verts ? chez les pharaons aussi on retrouve ces caractéristiques, si quelqu'un a une explication, merci d'avance.

Continuons avec le costume masculin.

costume homme

Sur la tete (sa berritta)

Le couvre-chef le plus commun est la "berritta", une espèce de bonnet allongé d'à peu près 50 cm de long qui peut retomber sur le coté, à l'arrière ou etre replié de façon à tomber vers l'avant. Il peut etre noir ou rouge, en tissu de laine ou de toile.

costume chemise gilet

La chemise (sa bentone)

Elle est toujours blanche, ample, de coton ou de lin. Le col, qui dans certains cas est absent, peut etre brodé ou fermé par un bouton (genre bouton de manchettes) en or ou en argent.

costume manteau tissu précieux

La petite veste (sa zippone, su cossu) ou gilet

Comme pour la veste féminine, elle peut etre d'étoffe luxueuse, la plupart du temps ne provenant pas de la Sardaigne : velours, broché ou toile. Avec manches (zippone) ou sans (cossu), elle est fermée devant en simple ou double croisé. Elle prend des couleurs variées, souvent brodée ou simplement finie de couleurs polychromes, sur les boutonnières et de toute manière sur la partie antérieure.

costume fonni

Le pantalon (cartzones)

Ils sont toujours blancs et très larges, de lin, de coton ou de laine grossière. Ils sont souvent longs, mais la longueur peut varier, et ils sont enfilés dans les guetres, qui sont faites de toile, de tissu de laine ou meme de cuir.

berrittu e cartzones de furesi

La jupette noire (ragas, cartzones de furesi)

Très caractéristique. C'est un simple rectangle de tissu, froncé à la taille. Il peut etre de toile ou de tissu de laine, orbace (voir texte sur le vetement féminin). Il est endossé par dessus le pantalon

couple en costume

costume manteau tissu précieux

Le manteau (cappottinu, gabbanu, collettu, sacu de coberri)

Au-dessus de son costume, l'homme porte, suivant son milieu et son métier, différentes vestes ou manteaux. Ils sont tous en grosse laine noire :

la veste avec capuchon (cappottinu)

le manteau long fendu à l'arrière (gabbanu, cabanu, cabanella)

la cape (saccu de coberri)

Dans la région sud, Campidano, le manteau long est souvent remplacé par un manteau en toile marron avec capuchon (cappottu serenicu). Il est rare, sinon disparu, le gilet sans manche en peau tannée, serrée à la taille par une ceinture elle aussi en cuir, appelée collettu.

costume fonni

La mastrucca

Très diffuse parmi les bergers, c'est une veste sans manche de peau de mouton ou d'agneau. La longueur peut varier. La zone de provenance en détermine le nom en sarde : best'e peddi, everchina, tzamarra, etc...

C'est un accessoire très ancien. La preuve en est que Cicéron, parlant avec mépris des sardes de l'entre-terre, que Rome ne réussit jamais à dominer complètement, les définissait LATRUNCOLI MASTRUCATI, faisant une évidente allusion à leur vetement le plus caractéristique

13/03/2008

le costume traditionnel sarde

costumesardo

Les matières, les couleurs, les broderies, les accessoires, les bijoux. Chaque communauté a son habit traditionnel différent de tous les autres. Mais le modèle de base est unique et commun à toute l'ile.

On retrouve dans le costume traditionnel sarde trace du passage de tous ceux qui ont habité ou envahi l'ile.

LE COSTUME DE LA FEMME

port classique

Sur la tete

les variantes de cette partie du costume sont nombreuses. On peut ainsi déterminer d'où est originaire la personne à la façon dont le "foulard" est posé autour de la tete. Les couleurs, les broderies et la façon de l'accrocher sur la tete sont une panoplie. Il peut etre constitué d'un simple fichu plié en triangle (type grand mouchoir) à une série de pièces comme des bandes, une coiffe, un voile ou un chale.

version plus arabe

La chemise (camisa, camija)

la chemise est blanche, de lin ou de coton. Ample, ornée de différentes manières avec des dentelles ou des broderies, surtout dans les parties visibles, la partie basse et les manches. Le décolleté (plus ou moins ouvert) est souvent fini de dentelle et agrémenté de boutons d'or ou d'argent.

costume féminin

Le corset (palas, imbustu, cossu)

Au dessus de la chemise, se porte le corset. Il peut etre constitué d'un véritable bustier (surtout dans le nord de la Sardaigne), ou d'un gilet avec ou sans épaulettes (fines ou grosses, avec des bandes de tissu ou des pompons ou encore des banderolles) jusqu'à une simple bande de tissu qui serre le corps sous les seins, soutenus par de fins coussinets.

enfants en costume trad

La petite veste (tzippone, corittu)

La veste est coupée dans un tissu précieux. La longueur varie : elle peut etre courte, tout juste sous les seins ou alors longue et peut arriver à la taille ou un peu au-dessus de la jupe. Les manches peuvent etre amples, ouvertes le long de l'avant-bras de manière à faire voir la chemise, ou alors étroite et courte; encore une fois, dans ce cas-ci aussi, il existe de nombreuses variantes.

femmes en costume ricchi

La jupe (tunica, fardetta, munnedda, saucciu)

Elle sera toujours longue, souvent ornée sur le rebord de galons colorés et dorés; coupée dans de l' "orbace" (tissu de laine vierge utilisé seulement en Sardaigne pour les vetements traditionnels) mais aussi en tissu "continental" (càd commun !). Elle est froncée à l'arrière, tandis que la partie avant restera lisse et sera souvent recouverte d'un tablier.

Le tablier (franda, pannellu, antalena, farda)

Il est posé par dessus la jupe. Les tissus sont variés, ils peuvent etre précieux, de soie ou d'orbace (laine brute) ou moins luxueux, simples et communs.

les veuves

Et pour terminer, la version veuve, assez commun en Sardaigne, pays de nombreuses centenaires !